Cafetières à siphon : quelles sont les meilleures machines à vide ? (2018)

Cafetières à siphon : quelles sont les meilleures machines à café sous vide ?
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En tant que passionnée de café à plein temps, je suis excitée par les méthodes de préparation du café uniques, mais aucune ne m’excite autant que la cafetière siphon (également appelée machine à café sous vide ou cafetière à dépression).

Aujourd’hui, je vais vous présenter les meilleures cafetières à siphon du moment. Amis puristes et passionnés, je vous souhaite une excellente lecture !

 

 

TOP 5 CAFETIÈRES SIPHON (2018)

 


5 – SIPHON À CAFÉ YAMA

Ce siphon à café sous vide est livré avec un élégant support à trois bras avec une base en céramique décorée, mais à part cela, son design est très similaire à celui de la Hario Technica (2ème de notre classement).

SIPHON À CAFÉ YAMA

Malheureusement, ses performances ne sont pas à la hauteur de la Hario Technica. Alors que la Hario est d’une fiabilité irréprochable, la Yama semble avoir quelques problèmes de conception.

Nous avons eu des échos comme quoi le joint en caoutchouc du siphon de la Yama n’est pas toujours efficace, ce qui peut empêcher la formation d’un vide intégral.

En revanche, cette cafetière à siphon possède son propre brûleur au butane, qui est une source de chaleur très efficace et constante. De plus, vous avez la possibilité d’utiliser ce système d’infusion sur une cuisinière ou un poêle.

POINTS FORTS POINTS FAIBLES
  • Un design élégant à la fois moderne et vintage.
  • La cafetière est livrée avec un brûleur au butane, mais elle peut également être utilisée sur un poêle.
  • Assez chère
  • Elle souffre parfois de problèmes d’étanchéité au niveau du joint du siphon, ce qui peut perturber la préparation du café.

 

 



4 – CAFETIÈRE À SIPHON BALANCE ROYALE BELGE

Si vous cherchez une cafetière à siphon au look original authentique ou à illuminer votre décoration d’intérieur, la machine à vide Balance Royale Belge est la voie à suivre.

Cette cafetière est une combinaison de classe et de raffinement comme un retour aux premiers jours de la préparation du café.

Essentiellement, cette cafetière à siphon est un remake de l’une des premières machines à café à dépression inventée dans les années 1850 : la cafetière à dépression Napier.

Pour autant, la machine fonctionne aussi bien que la plupart des autres machines à café sous vide modernes.

Malheureusement, cette machine est relativement chère et s’adresse principalement aux puristes du café qui apprécient les méthodes de brassage ancestrales ou aux collectionneurs.

Contrairement à d’autres machines à café sous vide, qui empilent une chambre sur une autre, les chambres du siphon sont placées l’une à côté de l’autre.

Malgré ce design unique, le siphon de la Balance Royale Belge fonctionne selon les mêmes principes de base. Vous pouvez avoir un aperçu de la machine en fonctionnement dans cette vidéo :

Enfin, ce siphon à café n’est pas aussi facile à modifier que les autres systèmes de brassage sous vide, et les pièces de rechange peuvent être très difficiles à trouver : c’est plus pour le spectacle, mais il fabrique tout de même une excellente infusion de siphon !

POINTS FORTS POINTS FAIBLES
  • Le design authentique original ne manquera pas d’impressionner.
  • Le mécanisme unique est toujours amusant à regarder.
  • Une machine performante qui est relativement automatique et facile à utiliser.
  • La majeure partie de la machine est en métal, elle n’est donc pas aussi fragile que les autres modèles de cafetières siphon.
  • Prix assez élevé
  • Elle peut être difficile à nettoyer et les pièces de rechange sont difficiles à trouver.
  • Moins personnalisables que d’autres cafetières sous vide.

 

 



3 – CAFETIÈRE À DÉPRESSION BODUM PEBO

Si vous êtes déjà entré dans un Starbucks (ne mentez pas), vous connaissez probablement déjà la Bodum Pebo.

Bodum est une entreprise scandinave qui est connue pour concevoir des cafetières aux designs propres et minimalistes sans sacrifier l’utilité.

La cafetière à dépression Bodum ne fait pas exception à cette bonne habitude.

Ce système d’infusion est légèrement plus grand que la cafetière Yama, mais la cafetière à dépression Bodum Pebo est fabriquée à partir de matériaux de qualité légèrement supérieure.

Étonnamment, le système d’infusion Bodum n’utilise pas de couvercle pour la chambre supérieure, ce qui n’est généralement pas un problème, sauf si vous mettez trop d’eau.

Cafetière à Dépression en Verre

Pour tous ceux qui aiment prendre leur temps et apprécier le juste goût du café, c’est un produit magique, à utiliser sans modération, et à disposer au centre de la table pour terminer un bon déjeuner dominical en famille ou entre amis. La Bodum Pebo est une cafetière à dépression fascinante qui émerveille les adeptes de café comme peu d’autre machine.

Cette cafetière utilise la méthode efficace d’infusion à vide qui permet d’extraire la précieuse huile de votre café préféré afin d’en restituer toute la saveur naturelle. Le processus d’infusion par dépression empêche l’arôme de s’échapper jusqu’à ce que le café soit prêt.

La cafetière peut préparer entre 4 et 8 délicieuses tasses de café, en 5 à 11 minutes.

L’eau va bouillir dans le bol inférieur et remonter par la colonne de verre dans le bol supérieur pour se mélanger au café grossièrement moulu. L’infusion se fait ainsi à température idéale autour de 95 °C pour extraire le meilleur arôme du café et conserver ses huiles et ses acides naturels.

Lorsque que le café est redescendu, il est prêt à être dégusté. Les connaisseurs vous le diront : il s’agit là d’une des meilleures méthodes pour préparer le café.

POINTS FORTS POINTS FAIBLES
  • Choix de la température du café
  • Nombreuses configurations de café
  • Simple d’utilisation
  • Arômes sublimés avec tous types de cafés moulus
  • Ce modèle fonctionne aussi bien sur le gaz que sur les plaques électriques
  • Design plus classique
  • Relativement bruyante
  • Le marc à café tombe parfois à côté du réceptacle
  • Ne fonctionne pas sur les plaques en vitrocéramique ou induction

 

 



2 – SIPHON À CAFÉ HARIO TECHNICA

Si vous utilisez Google pour faire vos recherches sur les cafetières à dépression ou les cafetières à siphon, pour en savoir plus sur ces machines vintage, il y a de fortes chances que le siphon à café Hario Technica soit le même engin funky que vous ayez vu à plusieurs reprises.

Cette cafetière à siphon semble surgir partout, dans les cafés traditions, dans les cafés branchés et dans de nombreuses vidéos sur YouTube. Et ce, pour une bonne raison.

Grâce à la propension japonaise à la conception simple et efficace, la Hario Technica est une des machines à café préférées des amateurs de café.

Hario Siphon à café TCA

La qualité de cette cafetière siphon éclipse le siphon à café de Yama, 5ème de notre classement. Grâce à la fiabilité de la Technica, vous ne rencontrerez donc aucun des problèmes (fragilité, joint inadéquat et mauvais drainage) qui semblent survenir sur les Yama.

La Hario Technica est une cafetière à siphon autonome qui ne manquera pas d’impressionner à première vue. Elle se décline en deux versions (trois tasses ou deux tasses) et est équipée de son propre brûleur à alcool.

Si vous recherchez une cafetière à siphon classique au design vintage authentique, celle-ci devrait figurer en tête de votre liste.

POINTS FORTS POINTS FAIBLES
  • Une conception simple et efficace rend la Technica facile à utiliser et à nettoyer.
  • Bon rapport qualité/prix.
  • Le verre rustique est moins susceptible de se briser que sur d’autres modèles de cafetière sous vide.
  • Elle utilise un filtre en tissu qui a tendance à se salir rapidement.
  • Le brûleur d’alcool est lent à chauffer l’eau

 

 



1 – SIPHON À CAFÉ EN VITROCÉRAMIQUE YAMA STOVETOP

La cafetière à siphon Yama Glass Stovetop permet de préparer jusqu’à 8 tasses en une seule infusion.

Comparé aux autres cafetières sous vide, la Yama Stovetop a un design sobre et sa conception soignée la rend très facile à utiliser.

La plupart des personnes qui achètent la Yama trouvent sa simplicité déconcertante et sa qualité d’infusion comparable à celle des autres cafetières sous vide plus chères.

Bien que l’on puisse s’attendre à ce qu’un appareil fabriqué presque entièrement en verre soit fragile, la Yama a été critiqué pour son verre mince, ce qui la rend relativement fragile pour un système d’infusion sous vide.

Les enfants vont adorer cette expérience scientifique intéressante : des bulles d’eau chaude qui circulent à travers le siphon pour ensuite venir percuter le café moulu.

Le procédé produit un café excellent, riche et moelleux d’une qualité très proche de celle d’une Chemex (la saveur dépend de la qualité du café que vous utilisez).

Pour nous, l’avantage principale de la Yama est que le café est entièrement infusé dans le verre. Il n’y a donc pas d’arrière-goût plastique tel que nous le détectons parfois dans le café d’une machine automatique et il n’y a aucun arrière-goût de métal brûlé tel que nous le percevons souvent avec les percolateurs électriques en métal.

Le kit comprend un support en plastique que vous utilisez uniquement pour soutenir le plateau en verre pendant que vous ajoutez du café. Il peut aussi servir de couvercle.

Le nettoyage est assez facile. Même le café turc finement pulvérisé se décolle facilement à l’aide d’une cuillère.

POINTS FORTS POINTS FAIBLES
  • Esthétisme sobre
  • Robuste malgré la fragilité relative du verre
  • Adaptée à des préparations variées
  • Puissance considérable
  • La machine n’est malheureusement pas automatique

 

 

 


QU’EST-CE QU’UNE CAFETIÈRE À SIPHON ?

Une cafetière à dépression ou cafetière à siphon est un ustensile de préparation du café, composé de deux chambres où interviennent successivement les deux phénomènes de pression de la vapeur d’eau et d’aspiration due à une dépression consécutive à son refroidissement.

Elle a été vraisemblablement inventée par un certain Loeff, à Berlin dans les années 1830. La cafetière à dépression Napier, présentée en 1840, a été l’un des premiers exemples de cette technique.

Ce type de cafetière est également connu sous le nom de cafetière Cona, marque populaire en Europe après 1920. Le Bauhaus a produit une interprétation de cet appareil sous la forme de la cafetière Sintrax de Gerhard Marcks, en 1925.

Malgré la relative complexité de ces cafetières, elles ont toujours été appréciées pour la finesse du café qu’elles pouvaient produire et, pour cette raison, elles ont connu une assez grand succès jusqu’au milieu du XXe siècle.

 

AVEC QUELS MATÉRIAUX SONT FABRIQUÉES LES CAFETIÈRES À SIPHON ?

La forme et la disposition de ces cafetières peuvent varier.

Elles sont constituées de deux ampoules de verre superposées, ou parfois simplement juxtaposées et reliées par un tuyau.

Depuis 1915, les chambres sont le plus souvent en verre borosilicate (de type Pyrex), mais elles peuvent être construites au moins partiellement en métal. Les deux chambres sont séparées par un filtre qui peut être soit une tige de verre, soit un écran de métal, de tissu, de papier ou de nylon.

 

COMMENT FONCTIONNE UNE CAFETIÈRE À SIPHON ?

Le principe d’une cafetière à siphon est simple.

L’eau est chauffée dans un récipient d’ébullition qui est scellé, à l’exception d’un tuyau qui passe de la base du récipient d’ébullition au fond d’un récipient d’infusion de café via un filtre.

Le processus de chauffage crée une pression de vapeur qui force l’eau chaude à travers le tuyau et dans le récipient d’infusion où le café moulu a été placé. Lorsque presque toute l’eau est ainsi passée dans la cuve de brassage, la chaleur est évacuée du récipient d’ébullition et, au fur et à mesure que la vapeur se condense, elle crée un vide qui ramène le café fraîchement infusé dans le récipient d’ébullition.

Le résultat est un récipient bouillonnant rempli de café parfaitement filtré, infusé à la température optimale juste au-dessous du point d’ébullition. L’avantage de ce procédé est que les lois de la physique imposent que le café ne soit jamais plus chaud que le point d’ébullition de l’eau. Ainsi, le café ne peut jamais être brûlé.

 

HISTOIRE DES MACHINES À CAFÉ À VIDE

ORIGINES EUROPÉENNES

Le café est devenu largement disponible en Europe vers le milieu du dix-septième siècle, à la suite de l’expansion du commerce maritime international. Les premières méthodes de brassage du café consistaient à faire bouillir le café avec de l’eau, en optant éventuellement pour une filtration des grains. Cela a abouti à un breuvage trop amer et désagréable, qui est progressivement tombé en désuétude jusqu’à l’arrivée du procédé Infusion en France vers 1710. Ce procédé consistait à immerger le café moulu, généralement enfermé dans une poche de linge, dans de l’eau chaude. À cette époque, la « cafetière » était un récipient en métal utilisé principalement pour distribuer le café infusé, soit par un bec soit par un ou plusieurs ergots.

Brevet de Palmer en 1786 breveté - Urne à café avec lampe à alcool, chambre d'eau chaude et deux robinets.

Brevet de Palmer en 1786 – Urne à café avec lampe à alcool, chambre d’eau chaude et deux robinets.

Au XVIIIe siècle, la culture et la technologie du café ont continué d’évoluer. Des méthodes plus complexes de séparation des grains de café ont été développées, certaines impliquant des mécanismes à vis ingénieux et des sacs pliables. Cette époque a également vu évoluer des carafes de plus en plus élaborées pour la distribution du café, y compris du café provenant d’une chambre intérieure et de l’eau chaude provenant d’une chambre extérieure, qui servaient également à garder le café au chaud. En effet, de nombreuses innovations de l’époque ont été conçues pour maintenir le café au chaud, soit en utilisant une enveloppe isolante d’eau ou d’air entourant la carafe, soit une lampe à alcool située à la base (ou les deux).

 

C’est à peu près à cette époque en Europe que l’idée que le café ne devait jamais être bouilli commença à être de plus en plus acceptée. L’un des principaux défenseurs de cette idée était Jean Baptiste de Belloy, archevêque de Paris, qui privilégiait le pot à goutte français. Dans cette méthode de préparation du café, deux chambres sont empilées les unes sur les autres, avec un filtre en tissu placé entre les deux. Du café finement moulu est emballé dans la chambre supérieure et de l’eau bouillante est versée dessus. Au fur et à mesure que le café infuse, il coule lentement dans la chambre inférieure à partir de laquelle il est servi. Encore une fois, la lenteur du processus de brassage conduit souvent à une tasse tiède, mais les esprits novateurs de l’époque étaient déjà au travail. Le scientifique et aventurier américain Benjamin Thompson (Comte Rumford) a inventé un pot d’égouttage avec une chambre d’eau isolante et a ajouté sa voix à ceux qui font la promotion du café sans bouillir dans son essai « Excellentes qualités de café et art de la perfection. »

Invention du comte Rumford

Invention du comte Rumford

Au début du dix-neuvième siècle, tous les éléments étaient en place pour le développement de la cuve à vide en verre. Les scientifiques amateurs expérimentaient alors les cuves à vides, la pression de vapeur et la dynamique des fluides. Des fours à charbon efficaces ont considérablement accru la disponibilité de la verrerie à prix abordable et la fabrication du café est devenue une entreprise très à la mode et particulièrement rentable. Alors que les lampes à alcool avaient été utilisées auparavant pour garder le café au chaud dans une carafe, la chaleur était maintenant utilisée pour conduire le processus de brassage lui-même. Ce concept a été utilisé pour la première fois dans les premiers percolateurs à filtrage des années 1820, où la pression de la chaleur et de la vapeur forçait l’eau à pénétrer dans la chambre supérieure d’un récipient à goutte en métal. Mais maintenant, ce concept a été élargi et rendu visible par la transparence du verre. Augmenté par l’action du vide, qui a initié la deuxième étape du processus de brassage, le résultat fut un système élégamment simple qui produisit une excellente tasse de café.

Le brevet de Fortant avec un auto-extincteur de flamme.

Le brevet de Fortant avec un auto-extincteur de flamme.

Les premières marmites à vide en verre semblent avoir été utilisées en Allemagne dans les années 1830, comme en témoigne un brevet déposé en France par Mme. Jeanne Richard en 1838. Ce brevet montre un dessin qui faisait référence à un « aspirateur d’air » existant de Loeff de Berlin. La popularité de la cafetière à vide s’est rapidement répandue d’Allemagne dans d’autres régions d’Europe, comme en témoignent les brevets déposés par Louis François Boulanger en France (1835) et Mority Platow et James Vardy en Angleterre (1839).

Brevet Boulanger 1835. Le premier ballon en verre français machine à café.

Brevet Boulanger 1835.
Le premier ballon en verre français machine à café.

C’est à cette époque qu’il y a eu une explosion des dépôts de brevets pour diverses «améliorations» apportées à l’aspirateur en verre, les principales d’entre elles étant celles de Mme Vassieux de Lyon. Son design de 1841 consistait en un assemblage à double globe, avec une tige dans la partie inférieure du globe pour distribuer le café et une couronne décorative en métal percé au sommet. Ce modèle de ballon français est pratiquement impossible à distinguer des premiers modèles Silex et Cona d’un demi-siècle plus tard.

Ballon en verre de Madame Vassieux breveté en France en 1841

Ballon en verre de Madame Vassieux breveté en France en 1841

Cependant, ces nouveaux brasseurs de café en verre ne sont pas sans inconvénients. Le verre de l’époque ne ressemblait en rien au verre résistant à la chaleur du XXe siècle et était sujet à la casse. Outre leur fragilité évidente, si la pression était trop forte, ils avaient tendance à exploser. Et si l’hôtesse était inattentive et que la lampe était restée allumée après que l’eau ait quitté le globe inférieur, le verre surchauffait et se fissurait. C’est pour résoudre ce problème que de nombreuses améliorations brevetées ont été déposées. Divers mécanismes (dont celui qui rappelle le mécanisme des chasses d’eau des toilettes modernes) ont été conçus pour éteindre la lampe au moment opportun.

Le brevet de Malpeyre en 1841 avec une poignée détachable

Le brevet de Malpeyre en 1841 avec une poignée détachable
intégrée

En 1850, la cafetière en verre à double globe a quasiment perdu toute faveur en France et les parisiens à la mode ont adopté la prochaine incarnation du brasseur sous vide : le siphon équilibrant. Dans cet arrangement, les deux chambres sont disposées côte à côte, avec un tube de siphon reliant les deux. Le café est placé d’un côté (généralement du verre) et de l’eau de l’autre (généralement de la céramique). Une lampe à alcool chauffe l’eau, la force à travers le tube et à pénétrer dans l’autre récipient, où elle se mélange au café. Lorsque l’eau est transférée d’une chambre à une autre, un système d’équilibrage basé sur un contrepoids ou un mécanisme à ressort est activé par le changement de poids. Cela déclenche l’extinction de la lampe. Un vide partiel est formé, qui siphonne le café infusé à travers un filtre et retourne dans le premier récipient, à partir duquel il est distribué au moyen d’un tourillon. Parfois appelé machine à siphon viennoise ou gabet, après Louis Gabet, dont le brevet de 1844 comprenait un mécanisme de contrepoids très réussi, le siphon d’équilibrage était à la fois plus sûr que le ballon français et complètement automatique.

Brevet de Turmel en 1853 - Siphon d'équilibrage

Brevet de Turmel en 1853 – Siphon d’équilibrage

Un système de brassage de café très similaire au siphon d’équilibrage, mais qui semble s’être développé indépendamment, a été conçu par l’ingénieur naval et inventeur écossais, James Napier. Développée dans les années 1840, la cafetière prototype Napier était composée d’équipements de laboratoire standard, ce qui lui donnait un aspect plutôt clinique. La disposition est presque identique à celle du siphon d’équilibrage, sauf qu’il n’y a pas de mécanisme d’équilibrage pour éteindre la lampe, et le processus d’infusion était subtilement différent. Du café moulu et de l’eau bouillante étaient combinés dans le pot, et seule une petite quantité d’eau était placée dans le ballon. L’eau du ballon était chauffée par un chauffe-eau, créant une petite quantité de vapeur qui était forcée à travers le tube de siphon pour agiter le mélange de café et d’eau dans le pot. Lorsque la flamme était éteinte, un vide se formait qui siphonnait le café infusé par un filtre et retournait dans le ballon, d’où il était servi. Le brasseur napierien était très apprécié en Angleterre et des versions incroyablement belles en plaqué argent ont continué à être fabriquées au début du XXe siècle.

Le brevet de Roberton en 1890 - Un Napier amélioré - Brasseur avec une tige ajoutée au ballon de verre.

Le brevet de Roberton en 1890 – Un Napier amélioré – Brasseur avec une tige ajoutée au ballon de verre.

 

LES MACHINES À CAFÉ SOUS VIDE EN AMÉRIQUE

En 1894, la House Furnishing Review rapporte l’arrivée en Amérique d’une nouvelle machine à café anglaise brevetée, composée d’un « ballon de verre ou d’une chaudière suspendue au moyen de tourillons provenant d’un support ornemental dont la base est une lampe à alcool. La cuve en forme d’entonnoir se termine par un long tube de verre. La jonction étant entourée d’un bouchon qui emboîte l’embouchure de la chaudière, forme la partie restante de l’appareil. »

Aspirateur Silex, presque identique aux Ballons Français des années 1840.

Aspirateur Silex, presque identique aux Ballons Français des années 1840.

Cette « nouvelle » machine était évidemment une reprise du Ballon français de 1841 de Mme Vassieux.
Lorsque la machine à vide en verre a été réintroduite au début du XXe siècle, elle a été reconnue comme une invention américaine nouvelle et unique, malgré sa longue histoire en Europe. Fait intéressant, la plupart des écrivains modernes qui reconnaissent les antécédents européens du brasseur de café sous vide l’associent généralement au brasseur de siphons de James Napier plutôt qu’à ses vrais ancêtres, les créations françaises de Vassieux, Fortant, etc. Mais le brasseur sous vide était déjà connu en Amérique dès 1859. Un certain nombre de brevets antérieurs décrivaient des pots en métal qui utilisaient le principe du vide pour préparer du café, y compris celui de William Edson de Boston, en 1866 :

« L’esprit de mon invention consiste à fabriquer une cafetière à diaphragme unique munie d’un tuyau, l’ensemble étant agencé, en combinaison avec le bec verseur fermé, qui, lorsque l’eau dans la chambre inférieure bout, doit être forcé , par sa propre vapeur, dans la chambre supérieure, et que lorsque le tout commence à refroidir, il se forme un vide dans la chambre inférieure et tire de force à travers le tuyau le café liquide de la chambre supérieure, laissant le marc de café sur la passoire.
Je suis conscient que ce même objet a été complètement accompli par une invention française (voir Brevet d’invention de Veyron), appelée «cafetière à vide» mais la disposition est compliquée et coûteuse … Je ne pense pas qu’on ait jusqu’à présent inventé une cafetière dans laquelle l’opération complète est assurée par des moyens aussi simples que les miens. »

Edson 1866 - "Cafetière améliorée"

Edson 1866 – « Cafetière améliorée »

En 1868, Julius Petsch, de Hanovre, en Prusse, et Stephen Buynitzky, de Saint-Pétersbourg, en Russie, déposèrent conjointement un brevet américain pour un ingénieux brasseur sous vide composé d’un pot intégré avec des chambres supérieures et inférieures suspendues par des tourillons. En raison des formes asymétriques des deux chambres, lorsque l’eau monte dans la chambre supérieure, le pot devient déséquilibré et penche sur le côté. Ce processus éteint le chauffe-eau et, lorsque le vide ramène le café infusé dans la chambre inférieure, le pot retourne à la verticale et déclenche simultanément un petit marteau qui frappe une cloche pour indiquer que le café est prêt.

Petsch et Buynitzky 1868 - Appareil de fabrication de café

Petsch et Buynitzky 1868 – Appareil de fabrication de café

En 1866 et à nouveau en 1887, des brevets ont été déposés pour des cafetières « Balancing Siphon » qui étaient pratiquement identiques au design de Gabet de 1844, y compris son mécanisme de contrepoids breveté.

Freiderich Liesche's 1866 - Appareil d'équilibrage

Freiderich Liesche’s 1866 – Appareil d’équilibrage

La conception de la première cafetière à vide empilée brevetée en Amérique, dont un composant important était composé de verre, était le modèle de 1898 de James Van Marter consistant en une chambre inférieure en métal surmontée d’une chambre supérieure en verre cylindrique. Un joint étanche à l’air était placé entre les deux chambres en enveloppant les surfaces rugueuses avec du ruban de lin. En préparant le café dans la chambre haute fermée, Van Marter nous assure que son appareil permettra «l’extraction complète de tous les éléments désirables [de la caféière] sans aucune perte des parties aromatiques volatiles». Encore une fois, ce design n’était pas totalement nouveau et semble être une copie des pots à vide de style Repalier, populaires en Europe dans les années 1850.

Van Marter 1898 - Appareil à café en métal et en verre

Van Marter 1898 – Appareil à café en métal et en verre

Une machine d’aspiration à double vitrage reconnaissable n’apparaît dans les dossiers de brevets qu’en 1914 : un « Percolateur de café » conçu par Albert Cohn de Londres. Cette conception est clairement la descendance directe du ballon français de Mme Vassieux.

Albert Cohn 1914 - Brevet de conception pour un "Percolateur à café"

Albert Cohn 1914 – Brevet de conception pour un « Percolateur à café »

Cette année-là a également vu la conception d’un premier système d’infusion sous vide Silex conçu par Gerhard Behrend de New York.

Richard Darling's 1915 - "Support pour percolateurs de verre"

Richard Darling’s 1915 – « Support pour percolateurs de verre »

Un grand nombre de brevets de conception similaires ont été déposés au cours des années suivantes, tous constitués de récipients en verre supérieurs et inférieurs équipés d’un bouchon flexible, d’un type d’assemblage de filtres et d’une base pour soutenir le brasseur sur une lampe à incandescence. Parce que les ballons de verre de cette époque étaient soufflés à la main, leur taille et leur forme variaient quelque peu. En conséquence, de nombreux brevets antérieurs se rapportent à la conception de poignées, de supports et de joints en caoutchouc qui pourraient s’adapter à ces variations. Un certain nombre de machine à vide à double verre sont apparus dans les brevets avec des supports conçus de manière imaginative.

Henry Task 1916 - "Percolateur à café" avec poignée détachable

Henry Task 1916 – « Percolateur à café » avec
poignée détachable

En 1915, une cafetière à vide a été fabriquée à partir de Pyrex , le nouveau verre à induction du four Corning Glass Work, et a été commercialisée sous le nom de « Silex ». Le nom dériverait de la phrase : « La méthode sanitaire et la méthode intéressante pour faire du café usé. Il est facile de fonctionner car il est transparent aux rayons X « . Les droits sur le modèle avaient été acquis en 1909 par deux soeurs, Mme Ann Bridges et Mme Sutton, de Salem, dans le Massachusetts, qui l’avaient fabriquée par la Frank E. Wolcott Manufacturing Company.

1936 - Silex - Machine à café (Frank E. Wolcott)

1936 – Silex – Machine à café (Frank E. Wolcott)

Grâce à la disponibilité du verre Pyrex résistant à la chaleur, les brasseurs Silex ne présentaient pas les mêmes inconvénients que leurs prédécesseurs français et une nouvelle ère de brassage sous vide a été lancée. Fort heureusement, un grand nombre de ces cafetières Silex ont été vendues à des hôtels et à des sandwicheries, offrant ainsi une exposition à grande échelle au produit. De ce fait, le nom Silex est presque synonyme de tout aspirateur d’air en verre.

1938 - Silex - Machine à café (Frank E. Wolcott)

1938 – Silex – Machine à café (Frank E. Wolcott)

Un brevet clé dans le développement de la populaire ligne Silex serait celui de George Loggie, de Lexington, au Massachusetts. Son design de 1917 est identique aux premiers modèles Silex et a été attribué à une certaine Hazel M. Bridges, qui a ensuite déposé le premier brevet au nom de la Silex Company de Hartford, Connecticut. Le brevet de Mme Bridges a été déposé en 1926 et décrivait un « nouvel égouttoir amélioré à utiliser avec les percolateurs à café de type Silex bien connus », qui utilisaient une pince de serrage à ressort pour fixer le filtre en place. Ses dessins de brevet montrent un aspirateur autonome posé sur une cuisinière électrique.

Le brevet de Hazel Bridge - 1926 - Dessin pour un "égouttoir" amélioré pour le brasseur Silex

Le brevet de Hazel Bridge – 1926 – Dessin pour un « égouttoir » amélioré
pour le brasseur Silex

Au cours des années 1930, Frank Wolcott et d’autres ont déposé une série de brevets pour des systèmes de filtration sous vide améliorés, illustrant la progression des conceptions de machines à vide commercialisées par la société Silex. Lors de la Foire mondiale de New York en 1939, l’exposition de la Silex Company était dominée par une réplique de sept pieds d’une cafetière en verre Silex en service.

Le principal concurrent des cafetières Silex était la Glass Coffee Brewer Corporation de Harvey Cory à Chicago, Illinois. Le premier brevet déposé par Harvey Cory pour une machine à café sous vide date de 1933 et a été rapidement suivi par une série de nouveaux designs, dont beaucoup concernaient des éléments périphériques des brasseurs : poignées, couvercles, filtres, etc. Son brevet de 1934 illustre à la fois le filtre « Fast-Flo » livré avec de nombreux premiers brasseurs Cory et un autre modèle apparu plus tard sur des machines sous vide vendues par General Electric.

1935 - Cory - Aspirateur d'air avec carafe rabattable

1935 – Cory – Aspirateur
d’air avec carafe rabattable

Il est intéressant de noter que l’innovation la plus importante attribuée à Cory, à savoir la tige filtrante en verre, n’a pas été inventée par Harvey Cory lui-même, mais par Raymond Kell de la MacBeth Evans Glass Company en 1932. Le design familier de Cory a été breveté en 1939, tandis que le filtre en verre Silex « Lox-In » similaire n’a pas été soumis à brevet jusqu’en 1946.

Brevet MacBeth Evans de 1932 - Dessin pour une tige de filtre en verre

Brevet MacBeth Evans de 1932 – Dessin pour une tige de filtre en verre

Les principales innovations des années 1930 ont été l’électrification et l’automatisation du processus de brassage sous vide. Un certain nombre de modèles de cuisinières électriques ont été brevetés par la société Silex, y compris des modèles professionnels et domestiques, dont l’un comprenait un mécanisme de stabilisation spécial conçu pour maintenir les récipients fixes sur le poêle.

1934 - Dessin de brevet Silex pour un poêle électrique pour cafetière sous vide

1934 – Dessin de brevet Silex pour un poêle électrique pour cafetière sous vide

Ceux qui souhaitaient automatiser le processus de brassage sous vide ont de nouveau été aux prises avec le problème traditionnel consistant à déterminer quand réduire la chaleur pour initier la phase de vide du processus. Un certain nombre de solutions ont été proposées, y compris des conceptions utilisant des détecteurs thermiques (Chester Hall en 1936 et Hermann Lemp en 1937) et d’autres conçues pour détecter la vibration du pot provoquée par l’action agitée de la vapeur croissante.

1937 - Design Lemp pour un contrôleur thermique pour les brasseurs sous vide

1937 – Design Lemp pour un contrôleur thermique pour les brasseurs sous vide

Bon nombre d’entre eux étaient des appareils complémentaires, mais en 1936, Simon W. Farber, de Brooklyn, dans l’État de New York, a présenté un brevet pour ce qui allait devenir son «robot café» entièrement automatique et électrique.

1936 - Dessin de brevet pour le Farberware électrique "Robot Café"

1936 – Dessin de brevet pour le Farberware électrique « Robot Café »

Les années 1940 ont vu un certain nombre d’innovations dans la conception des brasseurs sous vide. En 1942, Harvey Cory a déposé un brevet pour son aspirateur d’air « sans caoutchouc ». Cette conception supprime le joint en caoutchouc habituel utilisé pour former un joint étanche à l’air entre les cuves supérieure et inférieure et remplace un joint formé par deux surfaces de verre broyées mécaniquement. Le joint d’étanchéité est rendu étanche par le poids combiné du pot supérieur, du filtre et du café moulu. La clé de cette conception est de veiller à ce que la pression requise pour remonter l’eau dans le tube d’entonnoir ne déloge pas la cuve supérieure avant que le poids de l’eau au-dessus ne compense la pression croissante en dessous.

1941 - Dessin de brevet pour l'aspirateur Cory "sans caoutchouc"

1941 – Dessin de brevet pour l’aspirateur Cory « sans caoutchouc »

Un autre design innovant introduit à cette époque a été le système d’infusion de General Electric, élégant et futuriste. Le modèle GE « Automatic » incorporait un dispositif unique à activation magnétique pour contrôler le processus de brassage.

1935 - Design General Electric

1935 – Design General Electric

La décennie des années 1940 a également vu l’émergence de la gamme à succès « Coffeemaster » de Sunbeam, une série de systèmes d’aspiration électriques à chrome poli intégrant un système automatique permettant de contrôler tous les aspects du processus de brassage:

« Mon nouvel objet est de fournir ce que l’on peut appeler une cafetière automatique, qui fonctionnera automatiquement pour effectuer les opérations de fabrication du café et pour maintenir le café à une température désirée pour servir. A cet égard, mon invention vise à contrôler la synchronisation des fonctions de fabrication du café, quel que soit le nombre de tasses de café fabriquées, jusqu’à ce qu’un café uniformément délicieux soit produit sans que la femme au foyer ou l’opérateur surveille le dispositif.»

1943 - Dessin de brevet pour le "Coffeemaster" - Infuseur automatique

1943 – Dessin de brevet pour le « Coffeemaster » – Infuseur automatique

Au milieu des années 1950, la machine à vide commença à tomber en disgrâce et le nombre de brevets déposés diminua considérablement après environ 1951, avec le brevet final de la cafetière à vide de cette époque déposé par Chester Wickenburg et Al de Sunbeam Corporation. La machine à vide a été progressivement remplacé par le percolateur à pompage, puis par un descendant du vieux pot de goutte à goutte français : M. Coffee et sa famille.

1961 - Dessin de brevet pour le Sunbeam Electric - Modèle C50

1961 – Dessin de brevet pour le Sunbeam Electric – Modèle C50

A l’aube du XXIe siècle, la popularité des machines à café sous vide connaît une renaissance, alimentée par les personnes qui apprécient le bon café et par ceux qui sont attirés par la nostalgie des cafetières vintage. Quelques entreprises continuent de fabriquer et de vendre des machines à café sous vide, notamment des sociétés asiatiques telles que Hario, Yama et Tayli. En 1989, Toshiba a breveté un système d’infusion sous vide à microprocesseur dans lequel l’infusion de café (y compris le broyage des grains de café) est effectuée automatiquement en fonction de l’entrée électronique du nombre de tasses et de la force désirée.

Brevet de 1989 de Toshiba - Dessin pour une cafetière sous vide avec moulin à café intégré

Brevet de 1989 de Toshiba – Dessin pour une cafetière sous vide avec moulin à café intégré

Si l’histoire reprend son cycle de 100 ans, les deux prochaines décennies devraient voir l’émergence d’une incarnation moderne du brasseur sous vide, qui ravira à nouveau les amateurs de café et suscitera l’enthousiasme du grand public.

About the author

Clara

Moi, c’est Clara. J’ai 29 ans, et je suis testeuse de produits électroménagers pour un grand groupe français. A mon adolescence, je suis tombée littéralement amoureuse du café et je n'ai plus décroché depuis si bien que mes amies me surnomment "la caféinomane" ! Grâce à mon métier, j'ai la chance de pouvoir tester de nombreuses machines à café et toutes sortes de cafés. Mon amour pour le café n'a donc jamais été aussi fort ! Vous l'aurez compris, le café tient une place très importante dans ma vie. C’est donc tout naturellement que j’ai souhaité créer ce blog pour partager mon expérience et mon expertise avec les internautes !

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